Durant l'été 2015, une amie très chère est morte accidentellement et c'est l'infinie fragilité de nos vies qui, à cet instant, m'a sauté au visage. 

J'avais déjà été confronté bien des fois à la mort mais cet évènement tragique a été le malheur de trop, une manière d'enfoncez-vous-ça-bien-dans-la-tête obscène, injuste. 

C'est de ce chagrin et de cette colère que m'est venu l'idée de cette longue suite de photographies. 

Ce n'est pas un journal, encore moins une série comme l'entendent souvent les artistes. 

Ce sont des images qui se succèdent, se répondent, se complètent, au fil du temps. 

C'est un conservatoire d'instants, c'est à dire une façon de sauver ce qui me semble précieux, unique, irremplaçable. 

C'est montrer le proche, le lointain, rendu égaux dans la succession des photographies. 

C'est aussi quelque chose comme une besogne, douce mais pourtant exigeante... 

Et sa fin, théoriquement, devrait être contemporaine de la mienne. À moins que la lassitude l'interrompe avant. 

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